Ce que demandent les locataires, les bailleurs et les agences avant un état des lieux.
Faut-il prendre des photos pendant un état des lieux ?
Ce n’est pas une obligation, mais le décret du 30 mars 2016 prévoit expressément que l’état des lieux peut être « illustré d’images », et l’ANIL conseille de le détailler au maximum. Une photo montre ce qu’une ligne « état correct » ne dit pas. Les deux parties y ont intérêt : le locataire pour fixer les défauts existants, le bailleur pour fixer l’état dans lequel il livre le logement.
Les photos ont-elles une valeur juridique lors d’un état des lieux ?
Une photographie peut constituer un élément de preuve : en matière civile, la réalité d’un fait se prouve par tout moyen. Sa force dépend de son contexte, de sa date, de son authenticité et des autres pièces produites, et le juge l’apprécie librement. En 2025, la Cour de cassation a admis que des photographies convenues entre les parties dans l’état des lieux de sortie permettaient la comparaison entre l’entrée et la sortie.
Comment prouver qu’une rayure était déjà présente à l’entrée ?
Avec trois choses : l’état des lieux d’entrée qui la mentionne, des photos prises à l’entrée qui la montrent dans son contexte (vue générale, vue intermédiaire, gros plan), et un moyen d’établir que ces photos datent bien de l’entrée et n’ont pas été modifiées. C’est ce dernier point qu’une preuve Sealway apporte.
Une date EXIF suffit-elle à dater une photo ?
Les métadonnées d’une photo, dont la date EXIF, sont des informations contenues dans le fichier : elles dépendent de l’appareil et de ses réglages, et un logiciel peut les modifier. Elles peuvent être un élément parmi d’autres, mais elles ne bénéficient pas de la présomption qu’un horodatage électronique qualifié tient du règlement eIDAS : dans une autre matière, le Conseil d’État a admis qu’une cour écarte des photographies dont la date ne reposait que sur leurs métadonnées (CE, 10 mars 2025, n° 472387). Sealway conserve ces métadonnées et ajoute un mécanisme de datation indépendant, rattaché à l’empreinte du fichier.
Peut-on modifier ou compléter un état des lieux après l’entrée dans le logement ?
Oui : le locataire peut demander par écrit au bailleur de le compléter dans les 10 jours calendaires suivant son établissement, et pendant le premier mois de chauffe pour le chauffage ; en cas de refus, la commission départementale de conciliation peut être saisie.
Quelle différence entre dégradation, vétusté et usage normal ?
La vétusté est l’usure qui résulte du temps ou de l’usage normal, et elle ne peut pas être facturée au locataire ; une dégradation résulte d’un usage anormal. Sealway documente l’état ; il ne qualifie pas l’évolution observée.
Qui doit prouver qu’une dégradation est imputable au locataire ?
Le locataire répond des dégradations survenues pendant le bail ; c’est la comparaison entre les états des lieux d’entrée et de sortie qui établit qu’une dégradation est survenue, et le bailleur qui retient une somme doit la justifier.
Un propriétaire peut-il retenir le dépôt de garantie uniquement avec des photos ?
Une retenue doit être justifiée. Service-Public.fr cite les photos parmi les justificatifs possibles, aux côtés des états des lieux d’entrée et de sortie, d’un constat de commissaire de justice, de devis ou de factures. Des photos seules ne chiffrent pas une réparation, et si l’état des lieux de sortie ne mentionne aucune dégradation, des photos produites ensuite devront être datées et rattachées au logement. Le locataire peut contester la retenue.
Que faire si le propriétaire refuse de compléter l’état des lieux d’entrée ?
Conservez votre demande écrite et sa preuve d’envoi, photographiez le défaut et créez une preuve le jour où vous le constatez, puis saisissez la commission départementale de conciliation du département du logement, par lettre recommandée. La conciliation est gratuite.
Que faire si aucun état des lieux amiable n’est possible ?
L’autre partie peut faire établir un constat locatif par un commissaire de justice, qui convoque les parties et dont les frais réglementés sont partagés par moitié.
Sealway peut-il déterminer qui est responsable d’un dommage ?
Non. Sealway établit qu’un fichier existait, sous cette forme, à une date donnée. La responsabilité d’une dégradation, la part de vétusté, le montant d’une retenue ou d’une réparation relèvent des parties, de la conciliation et, le cas échéant, du juge.
Faut-il refaire une preuve lors de l’état des lieux de sortie ?
Oui, si l’on souhaite disposer d’une comparaison datée entre l’entrée et la sortie. Les mêmes vues, sous les mêmes angles, avec l’état des lieux de sortie signé, dans une nouvelle preuve. Les deux preuves, réunies dans le dossier du logement, documentent la chronologie.